Cent Jours 1815: demande au Prince d'Eckmul, Minstere de la Guerre, pour avancement

7 avril 1815

Au Prince d’Eckmul, Ministre de la Guerre:

M. Berlier rappelle à son Excellence sa lettre du 26 mars dernier, où il a daigné conserver Berlier dans son emploi au 13eme Corps d'Armée. Maintenant, avec les divers services dont il a été chargé, la reddition prompte de ses comptes et les bons témoignages de ses chefs, il espère digne d’avancement: une place d’Inspecteur ou de garde magasin dans la nouvelle organisation.

Signé par Berlier, aide général magasin, attaché au corps d'Armée du général Reille.

Dans la marge gauche se trouve deux témoignages de ses services, avec signatures:

  • le général Lecourbe, dont le sieur Berlier est compatriote, recommande la bienveillance de Son Excellence
  • T. ___ conseiller d'État, supporte le général Lacourbe pour l’avancement de Berlier.

Tampon rouge du ministère ‘V. 8 Avril’.

Pli horizontal et vertical, quelques mots écrit en crayon.

20.5 X 31.5 cm 

 

Louis Nicolas d’Avout puis Davout, duc d'Auerstaedt, prince d'Eckmühl, né le 10 mai 1770 à Annoux (Yonne) et mort le 1er juin 1823 à Paris1, est un général de division français, maréchal d'Empire. Issu d'une famille de petite noblesse, Davout sert dans l'armée de l'Ancien Régime, puis devient chef de bataillon des volontaires de l'Yonne en 1791. Dès lors, son avancement est fulgurant : général de brigade en juillet 1793, il participe à la campagne d'Égypte sous les ordres de Napoléon Bonaparte et est fait général de division en 1800. Il inaugure son nouveau commandement en prenant la tête de la cavalerie de l'armée d'Italie avec laquelle il se signale à Pozzolo. Le 19 mai 1804, Napoléon, devenu empereur, élève Davout à la dignité de maréchal d'Empire.

Davout joue un rôle majeur lors des guerres napoléoniennes, notamment à Austerlitz en 1805 et à Auerstaedt en 1806 où il met en déroute la principale armée prussienne. En récompense de cette dernière victoire, l'Empereur lui octroie l'honneur d'entrer le premier dans Berlin le 25 octobre 1806. Davout se distingue ensuite à la bataille d'Eylau, avant d'occuper les fonctions de gouverneur du Grand-duché de Varsovie. Commandant en chef de l'armée d'Allemagne en l'absence de l'Empereur, il fait avec brio la campagne d'Allemagne et d'Autriche à l'issue de laquelle il reçoit le titre de prince d'Eckmühl. Employé en Russie, où il dirige le Ier corps, puis en Allemagne après la retraite des troupes françaises, Davout s'enferme dans Hambourg et résiste aux attaques des armées alliées jusqu'à la chute du régime impérial. Passif sous la Première Restauration, le maréchal se rallie pendant les Cent-Jours à Napoléon Ier qui le fait ministre de la Guerre. Après la défaite de Waterloo, il se retire dans ses terres de Savigny-sur-Orge. Il meurt de maladie le 1er juin 1823 à Paris, à l'âge de 53 ans.

Claude-Jacques Lecourbe (1759-1815) est un général français, né à Besançon le 22 février 1759 d'un père officier.

Ami du général Jean-Victor Moreau, Lecourbe se déclare hautement pour lui lors du procès Cadoudal. S'étant attiré ainsi la disgrâce de Napoléon, il passe plusieurs années dans l'exil et n'est remis en activité qu'à la Restauration. Son amitié avec Moreau lui vaut d'être destitué par Napoléon Bonaparte et exilé dans le Jura le 10 septembre 1805. Le roi Louis XVIII le nomme grand officier de la Légion d'honneur et comte. Le 15 avril 1814, quelques jours après l'abdication de Napoléon Ier, le comte d'Artois le rappelle et le 3 janvier 1815 il redevient inspecteur général d’infanterie dans la 6e division militaire de Besançon.

Toutefois, lors du retour de l'île d'Elbe, pendant les Cent-Jours, il propose ses services à Napoléon qui lui donne le commandement du 8e corps basé dans le Jura et le nomme pair à la « Chambre impériale » et comte de l'Empire le 2 juin 1815. Il soutient plusieurs engagements contre le corps d'armée de l'archiduc Ferdinand et se maintient dans le camp retranché qu'il a établi sous les remparts de Belfort. Lors du troisième siège de Belfort, il réussit à bloquer pendant plusieurs semaines les armées coalisées avec des troupes très inférieures en nombre en s'opposant aux armées autrichiennes dans les combats de Foussemagne le 30 juin, Bourogne le 2 juillet et Chèvremont le 8 juillet.

Louis XVIII prononce sa réadmission à la retraite le 4 septembre 1815. Accablé par les fatigues qu'il a à supporter pendant sa dernière campagne, Lecourbe atteint depuis longtemps d'une maladie douloureuse meurt le 22 octobre 1815 à Belfort, où il a établi son quartier général pendant les Cent-Jours.