1838 Algerie lettre d’un militaire, Mustapha-Pacha à Saint-Quentin

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Lettre d’un officier dans l’Armée d’Afrique au camp de Mustapha-Pacha, près Alger en Algérie. Il écrit à M. Legendre, Président de la Société des Arts et Belles Lettres de Saint-Quentin.

Sans signature.

Armée d’Afrique      Au Camp de Moustapha-Pasha le 1er Janvier 1838

Monsieur,

J’ai reçu en son temps la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser pour me faire connaitre que l’honorable Société des arts et belles lettres que vous présidez avait bien voulu m’admettre au nombre de ses membres correspondants.

Vous deviez sans doute vous attendre à recevoir avec plus d’empressement l’hommage de mon dévouement ... je veux devoir le pardon de ce retard; qui doit être attribué au coursée continuelle que nous avons été forcés de faire depuis le commencement de l’expédition de Constantine, contre les belligueux Kabaïles qui nous harcelaient pendant cette campagne glorieuse et décisive.

En quittant en 1831 l’état-major du brave Général Daumesnil pour joindre le 11e de ligne dans votre belle et industrieuse cité, j’avais eu occasion d’admirer le patriotisme et la sympathie pour l’armée des francs habitants de St. Quentin...

Élevés presque dans les camps et nourri depuis 25 ans de la stérilité de la vie militaire j’ai pu beaucoup voir, observer peut-être quelque fois , mais je me crois peu apte à seconder dignement des hommes aussi éclairés et leur êtres de quelqu’utilité ce pendant l’extrème indulgence dont vous avez bien usé à mon égard... Je regrète de n’avoir pu mettre au net un petit cahier d’observations qui tout incohérent  qu’il est, peut avoir quelque intérêt pour ceux qui n’ont pu visiter nos belles possessions d’Afrique si pleines d’avenir; mais c’est une tache que vous avez droit d’attendre, et je ne négligerai rien pour la remplir de mon mieux;//

Ce ne sera que le simple & naïf d’une sentinelle perdue, mais qui a souvent vu de près et qui ressent aujourd’hui un bien vif regret de ne pouvoir rendre dignement les sensations éprouvées pendant les réelles de bivouac sur un sol dont l’avenir brillant n’attend que le bras puissant de notre civilisation pour se développer et rendre à la France l’appui qu’il en reçoit aujourd’hui.

Je prie Monsieur Legendre mon réel ami de vouloir bien en vous transmettant cette lettre être mon interprète auprès de vous comme auprès de touts les membres de la Société qui m'ont honorés de leur suffrages, et de vous faire agréer quelques monnaies de la régence avec un tableau explicatif et un éperon arabe prit à Constantine; objets bien peu dignes de vous être offerte, n’ayant d’autre --- que celui de rappeler le souvenir de nos frères d’armes morte glorieusement pour la Patrie.

Veuillez agréer Monsieur le Président le profond respect de votre très humble et bien dévoué serviteur   

2 pages.

Pli horizontal et vertical.. Rousseurs. Réparation sur le dos sans nuire au texte.

28,50 x 19 cm.