Certificat pour un Enfant-Trouvé à Paris 1773 / Certificate for a Foundling Paris 1773

Certificat partiellement imprime:

Claude-Louis Boulanger, Avocat en Parlement, Conseiller du Roi, Commissaire Enquêteur, Examinateur du Châtelet de Paris, & Commissaire du Roi en son Domaine, l'un des Préposés pour la Police au Quartier de la Cité..... remis par la nommée Girardin un enfant de sexe féminin qui a été apporté de la rue Montmartre portant aucun billet nouvellement né et ayant pour marque un morceau de Padoux bleu.

Pour être porté aux Enfans-Trouvés, & y être nourri & élevé en la manière accoutumée.
Donnée en notte Hôtel, sis à Paris, à la Marché-Neuf, près les Enfants-Trouvés, 23 mai 1773 10 h du soir

Boullanger (signature, avec deux 'l')

Peu commun!

Dimensions: 23 X 17 cm
État: petits plis verticaux et horizontaux, plis dans coins, papier un peu jauni

 

 

Partly-printed document from Claude-Louis Boulanger, lawyer in Parliament, counselor to the King, etc.. given to him by madam Girardin a female baby, brought from rue Montmartre without any note, newborn and with only a piece of blue as identifier.

To be brought to the Enfans-Trouvés (Foundling Hospital) to be nourished and raised in the accustomed way. Given at my Hotel, in Paris, at the Marché-Neuf, near the Enfans-Trouvé 23rd May at 10 in the evening.

Boullanger (signed, with two 'l's)

Scarce!

Condition: vertical and horizontal folds, corner folds, paper aged.

 

L'hôpital des Enfants-Trouvés de Paris est, à partir de 1670, une section de l'Hôpital général de Paris créé en 1656.

L'assistance aux enfants abandonnés est une obligation seigneuriale découlant du droit d'épave qui fait du seigneur l'héritier des "bâtards" nés, possédant des biens dans sa seigneurie et décédés sans enfants ni testament. En regard des lois et des usages de l'époque les enfants abandonnés ou trouvés sont des "bâtards". Beaucoup de seigneurs essaient d'échapper au financement de l'assistance et tentent de s'en décharger sur les établissements hospitaliers ou sur les communautés d'habitants comme le prescrit l'ordonnance de Moulins de 1556. Cela occasionne de nombreux procès. En 1572, un arrêt du parlement de Paris oblige les seigneurs hauts-justiciers à pourvoir à l'entretien "des pauvres enfants trouvés".

Certaines communautés ont organisé l'assistance. Ainsi la Bretagne où les enfants sont financés par la paroisse où ils ont été trouvés. En Provence, les communautés payent un abonnement de 120 livres environ par enfant accueilli dans les hôpitaux locaux. Mais pour alléger la charge fiscale on se débarrasse des bébés dans les paroisses limitrophes, et on fait des recherches de paternité souvent par dénonciation.

L'Église catholique romaine grâce à des legs ou des dons prend aussi en charge les enfants abandonnés. En 1579 un arrêt du parlement de Paris fait obligation aux curés de secourir les enfants abandonnés de leur paroisse (à défaut des parents ou du seigneur). À la fin du xiie siècle l'Ordre hospitalier du Saint-Esprit fondé par Guy de Montpellier, est créé pour soulager les pauvres infirmes, les pèlerins et les enfants abandonnés. À la fin du xive siècle il possédait près de cent maisons en France. En 1672 il fusionne avec l'Ordre de Saint-Lazare.

En 1633, Vincent de Paul fonde l'Ordre des Filles de la Charité pour aider les enfants parisiens trouvés. Grâce à sa persuasion il arrive à convaincre des "dames charitables" de financer une institution qui centralisera l'action.

En 1638 est alors fondée la Maison de Couche de Paris qui sera en 1670 rattachée à l'Hôpital Général. Louis XIII le finance pour 4 000 livres, Louis XIV pour 8 000 livres, 120 000 livres lui sont allouées par le roi en 1767.

Une étude détaillée des entrées et sorties à la maison de la Couche entre 1747 et 1756 laisse soupçonner que l'établissement fut au centre d'un gigantesque trafic d'enfants que l'affaire de l'Hôpital général voulut masquer au public et aux autorités.

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