1792 Lettre de Pache, Ministre de la Guerre, au Commissaire Ordonnateur Armée des Alpes

VENDU

'Fonds'

Paris 23 xbre, 1792

Pache, ministre de la guerre, à Alexandre Commr ordonnateur en chef de l'armée des alpes à Archamps.

Par votre letter de 28 du mois der. Citoyen, vous insister pour obtenir une décision relative aux payements qui doivent d'effectuer en numéraire; vous avez tout pouvoir pour faire payer en numéraire la portion indiquée par les Loix et je n'ai pas le droit de vous ordonner de l'excéder.

Le ministre de la guerre,

Pache

 

Tampons 'Art. Matérielles' et 'Mtre de la guerre'.

Sceau cire rouge 'Ministere de la Guerre'.

 

Jean-Nicolas Pache (1746-1823) est un homme politique français, actif pendant la Révolution.

En septembre 1792, Jean-Nicolas Pache fut sollicité pour devenir ministre de la Marine, mais il refusa, proposant son ami Gaspard Monge. À la demande de ce dernier, il accepta une mission à Toulon. Puis, le 3 octobre 1792, alors qu'il se trouvait toujours à Toulon, il fut nommé ministre de la Guerre sur les recommandations de Jean Marie Roland qui le croyait sans doute attaché à sa personne, mais dont il s'écartait de plus en plus en termes d’idées : Mme Roland le lui reprocha amèrement dans ses Mémoires.

Au ministère, il fit procéder à des recrutements d’hommes se consacrant avec passion aux événements révolutionnaires, alors que s'opérait dans l'armée un renouvellement similaire des cadres. Le plus célèbre des nouveaux entrants au ministère était Jacques-René Hébert, auteur du journal le Père Duchesne qui fut témoin, à la mi-janvier 1793, au mariage de la fille de Pache, Sylvie avec François-Xavier Audouin. Ce dernier, révolutionnaire devenu haut fonctionnaire du ministère de la guerre, y avait été nommé également par son futur beau-père. Le ministre réforma également l'administration des vivres, celle des hôpitaux, celle de l'habillement, et celle de l'armement, réformes critiquées par ses adversaires politiques et par le général Dumouriez, alors à la tête de l'armée de la République.

Pache s'employa également à contenir dans son rôle militaire ce général Dumouriez, ayant de grandes ambitions politiques, et auréolé de son succès de Valmy puis de Jemmapes. Ce militaire intriguait au sein des milieux politiques parisiens et gardait également des contacts avec les puissances étrangères alors opposées à la République Française. Plus encore que La Fayette et bien avant Napoléon Bonaparte, il tentait d'inventer une figure nouvelle dans la politique française, de général, dernier recours des politiques, mettant à bas la frontière entre la chose militaire et la chose politique, et critiquant son ministre. Pache a réussi à se maintenir quatre mois au ministère alors que huit ministres s'étaient succédé à ce poste en 1792 avant son arrivée en octobre de la même année.

Pour un de ses adversaires politiques, le conventionnel Louis Sébastien Mercier, son rôle a été plus néfaste aux intérêts du pays que toutes les armées de la coalition. Pourtant, nommé ministre un mois après Valmy, il a su accompagner les succès des armées révolutionnaires. Celles-ci, après Jemmapes, occupèrent la Belgique et la rive gauche du Rhin, dépassant les limites naturelles que l'ancienne monarchie avait vainement tenté d'obtenir par le passé. Il s'est battu pour maintenir les prérogatives des politiques vis-à-vis de la hiérarchie militaire. Il a renouvelé l'encadrement du ministère pour en garantir le contrôle politique, ce qui bénéficiera à ses successeurs. Par contre, les révolutionnaires qu'il a introduit au sein de ce ministère, et dont il a favorisé l'ascension, se sont souvent comportés en apparatchiks.

Finalement, fin janvier 1793, les Girondins, ayant subi la démission de Jean-Marie Roland du ministère de l'Intérieur, firent partir Pache du ministère de la Guerre et le remplacèrent, le 4 février 1793, par un ami de Dumouriez, Beunonville.

 

Charles-Alexis Alexandre (1759-1825) est un révolutionnaire français.

Fils d'un menuisier devenu entrepreneur de bâtiments, il fait de bonnes études au collège Mazarin, et devient agent de change en 1786. Entré dans la Garde nationale parisienne en 1789, il prend une part active à la fusillade du 17 juillet 1791. En décembre, il est élu commandant des canonniers et à ce titre, il joue un rôle important lors des journées du 20 juin et du 10 août 1792. En septembre 1792, il est nommé commissaire des guerres à l'armée des Alpes, puis commissaire ordonnateur. En juin 1793 et en 1795, on songe à lui pour succéder au ministère de la Guerre. Le Directoire le nomme le 29 avril 1796 commissaire à l'armée du Nord et à l'armée de Sambre-et-Meuse. Il le reste jusqu'à fin décembre et retourne à l'armée des Alpes comme commissaire ordonnateur en chef (1797-1798). Il se porte candidat au Directoire lors du départ d'Étienne-François Le Tourneur, mais c'est François de Barthélemy, soutenu par les royalistes qui est élu. Il fut nommé chef de division au ministère de la Guerre (1798-1799). Il devient sous le Consulat membre du Tribunat (1799-1806) où il se révèle un mauvais orateur. En 1809, Napoléon Ier le nomme inspecteur des droits réunis (1806-1814). À la retraite, il rédige des Mémoires dont une partie seulement a été publiée.

WIKIPEDIA


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