1800 l'émigré Champcenetz promet fidélité à la Constitution Française

M. Chabanetz, qui a été rayé de la liste des émigres, envoie au sous-préfet de son domicile à Fountainbleau sa promesse de fidélité à La Constitution et aux Lois de la République. Ceci était requis pour être définitivement rayé.

Lettre adressé au “Citoyen Valade Sous-Préfet à Fontainebleau”:

Paris 19 brumaire An 9 (10 novembre 1800)
Citoyen,
L’arrêté du gouvernement concernant la radiation de dessus la liste des émigrés, oblige tous ceux qui ont été où seront rayés de faire la promesse de fidélité à la Constitution par-devant le préfet ou le sous-préfet de leur domicile; Je me trouve dans ce __ parce que j’ai été rayé définitivement par arrêter du Comité de Législation du 26 ventôse An 3 (16 mars 1795) et porté en cette qualité sur la 3e liste des citoyens rayés définitivement de la liste des émigrés.
 
Comme je me suis à Paris que momentanément et mon domicile est Fontainebleau, pour obéir à Loi, je vous prie de recevoir la promesse qu’on exige de moi et de vouloir bien m’en donné acte.
Je promesse fidélité à La Constitution et aux Lois de la République.
Salut et considération Champcenetz
P.S. je vous prie m’accorder réception de cette lettre rue St. Florentin No. 4

Quoique je n'aie pu identifier précisément qui ce Champcenetz de Fountainbleau était, il y a trois possibilités, tous trois des personnages de renommée:

  • Jean Louis Quentin de Richebourg (1723-1813), marquis de Champcenetz, gouverneur du château de Meudon, de Bellevue, et des Tuileries.
  • Albertine Elisabeth de Champcenetz (1742-1805): noble contre-révolutionnaire, femme de cour, épouse du précédent.
  • Louis Pierre Quentin de Richebourg (1754-1822), gouverneur du château de Meudon.
Papier plié horizontalement et verticalement pour former une envelope. Petit manque de papier.

21,50 x 16 cm 

 

 

Entre 1789 et 1800, environ 150 000 personnes quittèrent clandestinement la France pour les pays d’Europe et d’Amérique, en raison des troubles révolutionnaires. Abandonnant leurs biens, ces émigrés voulurent combattre la Révolution de l’extérieur ou échapper à la mort. Au-delà de la simple approche nominative, les ressources ici compilées encourageront des recherches plus ciblées, en particulier sur le fonctionnement des institutions liées à l’émigration ou sur les biens nationaux. Elles recouvrent la première vague d’émigration, avant 1792, essentiellement aristocratique et contre-révolutionnaire ; la seconde vague, plus importante et élargie à toutes les classes sociales, motivée par le massacre des Tuileries et le début de la Terreur ; la phase des retours progressifs, renforcés par la politique d’apaisement du Consulat ; enfin, les lois du 5 décembre 1814, rendant aux émigrés leurs biens confisqués, et du 23 mars 1825, dite « du milliard aux émigrés », achevant d’indemniser les personnes lésées.

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